Un stagiaire c’est bien … mais deux c’est mieux 

Le succès de Patrick De Pau et du modèle de supervision de stage en dyade à Montfort

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Face à la pénurie de professionnels de la santé au Canada, en particulier ceux des soins infirmiers exacerbée par la pandémie, l’Hôpital Montfort et l’Institut du Savoir Montfort (ISM) ont été à l’avant-garde de solutions novatrices pour continuer à assurer pleinement le mandat d’hôpital universitaire. L’une de ces approches pionnières est le modèle de supervision en dyade pour les stages de dernière année en soins infirmiers. Une méthode qui, dès son premier essai aux Soins intensifs, a donné des résultats remarquables! Patrick De Pau, infirmier autorisé et mentor, met en évidence le potentiel de ce modèle pour transformer l’avenir de la formation en soins infirmiers entre les murs de Montfort, à travers sa récente expérience.

Traditionnellement, les stages de fin d’études en soins infirmiers nécessitent un mentorat individuel, compte tenu du suivi étroit du superviseur vis-à-vis de son stagiaire afin que celui-ci soit mieux préparé à entrer dans le marché du travail. Toutefois, force est de constater que ce modèle est de moins en moins viable, entre autres en raison du manque de personnel et de la charge de travail accrue à laquelle font face les infirmiers. Face à ce constat, Patrick, en collaboration avec l’équipe d’enseignement de l’ISM, ont cherché à s’adapter à travers l’adoption d’une nouvelle approche.  

Deux infirmières et un infirmier en scrubs
Patrick avec deux stagiaires

Le modèle de la dyade : un changement de donne  

Introduit par le Consortium national de formation en santé (CNFS), le modèle de la dyade associe deux stagiaires à un mentor. Cette approche a été pour la première fois appliquée aux Soins intensifs de Montfort, avec Patrick comme premier mentor à superviser un stage en dyade dans ce secteur.  

Pour Patrick, « ce fut une expérience enrichissante » qui s’est traduite par un apprentissage rempli de points positifs et de découvertes, à travers lequel les stagiaires ont pu assister à des pratiques professionnelles telles que les intubations et les mises en place de voies centrales, en plus d’avoir eu l’opportunité de participer à une situation de code.

Auparavant, une bonne partie des finissants se disaient intimidés par les stages de dernière année, étant donné qu’ils se font généralement de façon individuelle. Cette fois-ci, « le ressenti a été différent pour le stage en dyade, car travaillant en binôme, l’atmosphère est moins tendue, ce qui contribue à favoriser l’apprentissage ».  

Après avoir fait une évaluation des aptitudes des deux étudiantes mentorées, ce qui lui a permis de déterminer les différents points sur lesquelles l’accent devait être mis pendant le stage, force était de constater que la dyade offrait des caractéristiques non négligeables au niveau de la complémentarité des binômes. C’est en cela que Patrick affirme que « cette approche fut particulièrement bénéfique, car il s’est révélé que les étudiantes ont pu tirer des enseignements sur les forces que possèdent l’une par rapport à l’autre, ce qui a favorisé la constante recherche à s’améliorer ».

Plus loin dans l’apprentissage se découvraient d’autres spécificités difficiles, voire impossibles à obtenir avec la méthode de supervision de stage individuelle des stages en dernière année. L’une d’elles étant la facilité de procéder aux explications et aux debriefs.  

« Le partage des connaissances se fait de manière plus simple, car l’information n’est transmise qu’une seule fois aux deux stagiaires, ce qui sauve un temps considérable. »  

Patrick De Pau

D’autre part, ce mode de stage a permis aux mentorés de travailler de façon plus autonome. En effet, grâce au stage en dyade, les stagiaires sont sensibilisés au travail en équipe et développent une culture professionnelle de collaboration entre collègues dans des cas pratiques. Dans un secteur où l’approche collaborative est plus qu’indispensable, « il est primordial que les futurs professionnels de la santé vivent cette expérience et développent les aptitudes nécessaires avant d’aborder le marché du travail ».

Le modèle de la dyade, tel qu’illustré par son expérience, offre une solution prometteuse aux défis auxquels sont confrontés les stages en soins infirmiers dans le milieu de la santé d’aujourd’hui. On pourrait en tirer comme leçon un appel à l’action pour que les infirmièr·e·s autorisé·e·s adoptent cette approche, et que la prochaine génération de personnel soit bien équipée pour gérer les complexités des soins aux patients. D’autre part, l’utilisation de méthodes tout aussi novatrices contribue fortement à susciter l’engouement autour de l’apprentissage entre les murs de Montfort, comme ce fut le cas des étudiantes qui n’ont pas hésité de recommander ce stage aux futurs candidats de leur école. 

L’histoire de Patrick et de ses stagiaires n’est pas seulement celle d’une réussite collective, c’est aussi un témoignage de l’efficacité du modèle de la dyade dans la formation en soins infirmiers. L’avenir de la formation en soins infirmiers brille de mille feux, grâce à des esprits novateurs de nos équipes et à des professionnels engagés comme Patrick.   


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Emiliano est agent de communication à l’Institut du Savoir Montfort depuis septembre 2021. Quand il n’est pas en train d’écrire pour le Journal Montfort, il est surement en train de regarder un documentaire. Il adore lire et voyager.