Hommage à Micheline Marquis

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par Suzanne Bélair, infirmière retraitée

Micheline, la quatrième d’une famille de sept enfants, cinq garçons et deux filles est née le 21 janvier 1955. Elle a passé son enfance à Verrette, petit village près d’Edmundston, entouré de sa famille.

Elle fait son cours d’infirmière au Collège Communautaire à Edmundston et reçoit son diplôme en 1976. Un an plus tard, elle vient s’installer à Ottawa et débutera sa carrière à l’Hôpital Montfort.

Micheline – garde Marquis – était le portrait classique d’une fille d’équipe. Un modèle comme infirmière aux Soins intensifs, toujours souriante et prête à aider ses collègues dans les situations les plus critiques, selon Carole Saumure, infirmière retraitée de Montfort.

Judith Gigoux, Lucette Day et Micheline ont formé un trio aux Soins intensifs pendant une dizaine d’années. Elles ont créé de grands liens d’amitié. Lorsque Micheline travaillait, l’atmosphère changeait à l’unité. Même si c’était une journée très occupée, on savait que ça allait être une bonne journée, selon les dires de Judith.

Très attentionnée, elle connaissait les dates de fêtes de tout le monde, médecins, collègues, même des conjoints de ses amies, qu’elle appelait pour leur souhaiter un joyeux anniversaire. Elle cuisinait un gâteau pour l’occasion et planifiait une pause pour célébrer.

« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le départ de Micheline. Lors de mon arrivée à Montfort en 1998, Micheline m’a accueilli avec une grande générosité aux Soins intensifs, » raconte le Dr Denis Chauret. « J’ai tant appris avec elle. Sa chaleur humaine, sa bonne humeur, son empathie ont éclairé mes journées même quand elles étaient stressantes. »

Très sociable, elle parlait à tout le monde : l’entretien ménager, les gars de la chaufferie. Elle avait une écoute autant pour les patients, les familles que ses collègues qui pouvaient vivre des moments plus difficiles.

On pouvait deviner que Micheline n’était pas loin par son rire contagieux, un rire fort et bien à elle. Elle faisait rire les patients en entrant dans la chambre et les patients l’adoraient. Il n’était pas rare qu’elle reçoive des mots de reconnaissances et des cadeaux.

Elle était sollicitée par beaucoup de gens comme personne-ressource, autant par le corps médical que par ses pairs. Bonne communicatrice, elle faisait le lien entre la salle d’urgence, les unités de soins et la salle de réveil lorsqu’il était question de recevoir un patient. Excellente coordonnatrice, elle a été cheffe d’équipe pendant plusieurs années aux Soins intensifs.

« Ce fut un grand privilège de travailler avec Micheline, » dit Véronique Papineau, infirmière aux Soins intensifs. « Elle était une infirmière exceptionnelle, passionnée et dévouée envers sa profession. Un pilier au sein de notre équipe et un mentor pour plusieurs d’entre nous. Elle était très investie et attentionnée auprès de ses patients. »

Il arrivait même que Micheline aille chercher le patient à la salle d’urgence si le porteur était trop occupé, par souci de libérer la salle d’urgence et de lui apporter du confort le plus rapidement possible.

Son rôle d’aidante ne se limitait pas à l’hôpital. Elle a accompagné une collègue pendant son accouchement, une autre après une chirurgie et une troisième jusqu’à son dernier souffle.

« Micheline était, pour plusieurs, une amie avec un grand cœur. Nous gardons tous de beaux souvenirs, tant au travail qu’en amitié. Repose en paix chère Garde Marquis ❤️ »

Véronique Papineau

Son travail la valorisait énormément. Elle a créé le programme Cœur à cœur, un programme de huit semaines, à raison de deux fois par année, le tout bénévolement, et ce, pendant plusieurs années. Elle offrait ce programme aux patients cardiaques, qu’elle affectionnait particulièrement, et à leurs proches.

Elle a aussi participé à des projets de recherches et à des Journées Montfort. « Micheline a été ma première infirmière de recherche. Nos projets POISE, POISE-2, GRACE-2 et CANRACE ont eu un impact considérable dans les soins des patients partout à travers le monde, » ajoute Dr Chauret.

« Micheline incarnait tout ce qui était de noble dans la profession infirmière. Son sourire, son sens de l’humour, son énergie vont nous manquer énormément. »

Dr Denis Chaureut

Accompagner des étudiants lors de mentorat et être un modèle pour bien des infirmières faisait aussi partie de ses nombreux accomplissements. Elle a été un grand pilier lors de l’inauguration du Service de réadaptation cardiovasculaire et pulmonaire (SSCP).

Micheline, tu as toujours été là où tu sentais que l’on avait besoin de ton aide. Tu as laissé ta trace dans le cœur des patients, des familles et de ceux qui t’ont côtoyé. Tu as été un modèle d’infirmière pour moi et, je suis certaine, pour beaucoup d’autres. Je ne pourrai jamais t’oublier.

« Ne pleurez pas mon absence, remémorez-vous les bons et doux souvenirs de mes 41 années passées à vos côtés. »

Micheline Marquis