Dr Hugues Richard : passion et intensité

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Une histoire de famille

Je suis né à Paris où mon père était allé étudier en psychologie, spécifiquement pour faire une psychanalyse, car il souhaitait devenir psychanalyste. De retour au Canada alors que j’ai trois ans, nous nous établissons à Québec, ville natale de mon père. Il devient mon premier professeur. Il était un excellent vulgarisateur et un conteur… savoureux! Il est un des fondateurs de la Faculté de psychologie de l’Université Laval, et y sera professeur pendant une grande partie de sa carrière. Ma mère était une femme forte, infirmière de profession, qui a malheureusement été malade une grande partie de sa vie. Une tuberculose non diagnostiquée pendant plus de cinq ans et qui devait finalement l’emporter des années plus tard, est probablement une des raisons pour lesquelles j’ai fait médecine.

J’obtiens mon diplôme de MD à l’université Laval puis je fais les trois premières années de ma résidence à Sherbrooke, et ma quatrième année à l’hôpital général d’Ottawa. J’adore cette année en consultation liaison. J’ai des précepteurs dévoués qui ont bien de la patience avec mon anglais, disons… perfectible!

Une carrière mouvementée

Mon premier travail est à Montfort avec le Dr Faucher, devenu mon ami depuis. J’y reste 11 mois puis je fais une saucette de près de deux ans à Shawinigan, à l’hôpital Sainte-Thérèse, où je suis engagé comme chef de département. Je n’avais que 29 ans, et je dis souvent que je pourrais écrire quelques traités sur les erreurs multiples que j’y ai commises… Bon, je le considère comme le stage en milieu de soins prolongés que je n’avais pas fait durant ma résidence. Je goûte à l’administration de façon intense. Conclusion: pas pour moi! Je suis recueilli et accueilli de nouveau à Montfort de 1988 à 1995. Je travaille au sein d’une superbe équipe, mais avec une jeune famille de 4 garçons je vis des moments de « tempête » intense, et les gardes qui durent une semaine de temps ont raison de moi…! Je travaille ensuite de 1995 à 2001 au Queensway Carleton Hospital. Je m’y plais bien et me fais d’autres amis.

Je débute aussi en parallèle une pratique en psychiatrie communautaire. En juillet 1985, donc le premier mois de ma carrière, je commence à travailler à Sturgeon Falls. Je suis le premier psychiatre du Centre Alliance. J’y travaille deux à trois jours par mois jusqu’en 2003, ne manquant qu’une seule visite! J’aime le nord, ses espaces, sa beauté, sa nature, ses gens si vrais! Puis, petit hiatus de cinq ans pendant lequel je travaille au quartier général des Forces armées canadiennes, à Ottawa. J’apprends tellement sur le trauma, et les équipes militaires m’enseignent comment communiquer simplement, directement, de même que le leadership. Je vais ensuite travailler pendant 16 mois à la base de Petawawa, au moment du premier et deuxième tour en Afghanistan. Des moments intenses et tant de souffrance…!

Et me voilà de retour au bercail, 2004-2005, je travaille à l’ECTI pendant 11 mois. C’est intense, au sein d’une équipe éprouvée. Nous accomplissons tellement ensemble, mais l’appel du nord est fort et me voilà à Kirkland Lake de 2006 à 2021, à Chapleau depuis 2007, Sturgeon Falls 2016 à 2021, Mattawa, et la petite dernière, Wawa. En fait, je suis dans le nord trois semaines entières chaque mois! Lors de la pandémie, pas moyen de voler, alors moi qui avais rêvé de devenir camionneur, je roule jusqu’à Wawa et Chapleau, ce qui représente 2300 km, et j’y vais tous les mois!

Donc, ma pratique est étendue : j’ai une pratique privée depuis 2001 que je transforme depuis 2018 en pratique virtuelle pour la presque totalité de mes patients. Je favorise une approche à domicile avec OTN Guest link. J’aime la psychothérapie, mais je suis un vrai psychiatre généraliste. J’adore les technologies de l’information et je les applique dans ma pratique. Par exemple, j’adore faire des e-consultations.

Un retour à Montfort

Avril 2021, Dre Kristine Lévesque m’envoie un courriel tout à fait inattendu. Je peux lire le titre qui est: « Emploi à Montfort – Ouverture de poste à l’ECTI »…! Mon épouse, qui rêve d’un mari à la maison, voit cette demande avec beaucoup d’intérêt, alors… En un mois, je suis séduit par l’équipe à nouveau. Il y a encore beaucoup de défis, accentués par une pandémie interminable. Vous le devinez, j’aime les défis. Je m’ennuie sinon, et l’ennui, je n’aime pas du tout.

J’ai retrouvé un Montfort si différent de celui que je connaissais, agrandi. Je m’y perds plus d’une fois, mais j’y sens aussi un professionnalisme qui me plaît.

équipe dans des escaliers
L’équipe de l’ECTI avec Dr Richard en haut avec le noeud papillon

Un accueil chaleureux et de nouveaux défis

J’ai été tellement bien accueilli et orienté par Ariane, Vivianne, Karen, Valérie, Kristine, et aussi l’équipe ECTI elle-même.

J’y œuvre depuis le 12 juillet. Je ne vous cacherai pas qu’au début, les défis furent d’une taille à laquelle je ne m’attendais pas. Mais, mon énergie débordante, mon optimisme à tout crin (je vous fais gré du qualificatif qu’emploie mon épouse!), mon goût des défis, mon désir profond d’aider tant nos patients que les membres de l’équipe, ma ténacité, et mon sens de l’humour m’animent. L’amour de mon travail, le plaisir d’enseigner; eh! je n’avais jamais eu le privilège de travailler avec des résidents. J’ai le sentiment de pouvoir redonner ce que j’ai appris au fil de mon parcours tortueux, mais si enrichissant. Maintenant, chaque matin, j’ai hâte de travailler au sein de notre équipe, une équipe dédiée au bien de nos patients. Nous grandissons en accéléré, faisons des bonds en avant. J’aime cette équipe, je les admire! Par ailleurs, les OTMC, ça, c’est autre chose…!

Je suis, vous l’aurez deviné, un passionné. Quand je participe à un happening, un « breakthrough » pour nos patients, ou un coup de barre qui porte fruit, je sens le devoir accompli. C’est ce que je ressens au niveau d’ECTI. Je veux aller chercher les forces des gens, les respecter, les voir travailler avec passion et ardeur. Quand je vois nos patients sourire, ça m’émeut, et je souris aussi. Les gens qui me connaissent vous diront que je suis un très grand, alors là très grand émotif.

Je suis aussi un avide coureur, et un motocycliste. J’aime les sports « extrêmes » (dixit mon épouse). Dans une vie antérieure, j’ai traversé le Canada à vélo en 50 jours, avec mon ami Christian. Un rite de passage. Je fais du « skike », un genre de ski de fond sur roulettes. J’aime la nature, j’ai la chance de vivre à la lisière d’une forêt, avec mon épouse qui tient le fort d’une main experte, et cuisine divinement. Nous sommes végans depuis plusieurs années. Enfin, nous partageons notre vie avec trois chiens que nous adorons, et surtout ne me faites pas parler de notre petit dernier, je deviens facilement gaga, là.

Selon des tournées avec les employés, pour les membres de l’équipe de l’ECTI l’arrivée du Dr Richard est un vent de fraicheur. Ses discussions et périodes de partage de connaissances auprès de ses collègues sont grandement appréciées et permettent à tous d’apprendre de nouvelles compétences et de nouveaux concepts. C’est aussi son approche sincère et son écoute à l’égard de l’expertise de ses collègues qui les valorisent.