Don d’organes : les héros méconnus

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Le don d’organes sauve des vies et permet à des gens de recouvrer la santé. Et selon la Société canadienne du sang, chaque année, près de 250 personnes meurent en attendant une transplantation d’organe.

Le 21 novembre dernier avait lieu la cérémonie de reconnaissance Les héros méconnus du don d’organes, animé par Suzanne Robichaud, vice-présidente à Montfort. Cet événement, organisé en collaboration avec le Réseau Trillium pour le don de vie, nous a permis de reconnaître les équipes et les gens qui travaillent dans l’ombre pour offrir un second souffle à des gens malades et à leurs familles.

L’importance du don d’organe

Roger Presseault, présentateur avec Trillium pour le don de vie depuis 2002

Le don d’organe est sans conteste l’un des plus beaux cadeaux que l’on puisse faire, et ce, de manière anonyme. Il faut cependant penser à ces familles qui autorisent le personnel médical à prélever les organes d’une personne chère, dont ils viennent d’apprendre le décès. Dans des moments difficiles, les membres de la famille ont souvent peu de temps pour prendre une décision.

C’est d’ailleurs ce que Roger Presseault, frère aîné d’une jeune donneuse, est venu raconter aux membres du personnel Montfort qui étaient réunis pour l’événement.

« En juin 2000, ma sœur avait 23 ans. Elle préparait son mariage et venait d’être acceptée à l’Académie de police. »

Puis subitement, la jeune femme a fait un AVC. Admise à l’hôpital à Ottawa, elle décède deux semaines plus tard. M. Presseault se rappelle « à quel point le personnel a été compréhensif et sensible. Tous les jours, on avait des mises à jour. C’est pour ça que c’est important d’avoir cette affinité avec le personnel médical. »

Pour lui, le travail exceptionnel des différentes équipes impliquées de près ou de loin dans le don d’organes mérite d’être souligné.

Merci de l’excellent travail que vous faites, de nous guider, de nous aider à comprendre le sentier qu’on doit prendre.

Roger Presseault

C’est donc en grande partie grâce au travail et à la compassion du personnel que celle qui aurait dû avoir la vie devant elle… a donné le cadeau ultime à huit autres personnes, dont quatre sont encore en vie aujourd’hui.

Selon M. Presseault, qui en était à sa 351e présentation lors de son passage à Montfort, le meilleur conseil qu’il puisse donner aux familles qui se retrouvent dans la même situation que la sienne :

Assoyez-vous, prenez le temps d’écouter ce que les gens à l’hôpital ont à dire, posez les questions nécessaires. Mais de grâce, consentez.

Il rappelle d’ailleurs que même si vous avez signé votre carte pour être donneur, le dernier mot revient à votre famille. Voilà pourquoi il est si important de faire part de votre volonté aux membres de votre famille.

Un prix remis à Montfort

La cérémonie avait aussi pour but de souligner l’implication de Montfort qui, au cours de la dernière année, a eu :

  • 5 donneurs d’organe, ce qui a permis 20 transplantations;
  • 15 donneurs de tissus, qui ont permis d’améliorer la vie de nombreuses personnes.

Karen Johnson, directrice du programme hospitalier du Réseau Trillium pour le don de vie, est venue rendre hommage à l’hôpital pour les efforts que le personnel déploie afin de s’assurer que la volonté des patients qui souhaitent faire don de leurs organes soit respectée.

Suzanne Robichaud, VP Expérience patient et Karen Johnson, directrice Programme hospitalier

Pour ce faire, Mme Johnson a remis à Suzanne Robichaud, maître de cérémonie de l’événement et vice-présidente Expérience patient, le Prix du taux de conversion.

Ce taux représente le pourcentage réel de donneurs d’organes parmi le nombre total de donneurs potentiellement admissibles, soit 63% en 2018. C’est la troisième année consécutive que Montfort atteint son taux de conversion.

Quand la vie bascule

Tout comme Roger Presseault, Louise-Hélène Bourdeau, travailleuse sociale à Montfort, a elle aussi perdu un proche sans préavis. À 35 ans, sa soeur est décédée d’un anévrisme.

Ma famille était assez partagée par rapport au don d’organe. Mais quand j’ai trouvé sa carte de donneur d’organe dans sa bourse, ça a tout changé.

Grâce à cette petite signature, la famille de Louise-Hélène a consenti au don d’organes, ce qui a permis de prélever sa cornée, rendant ainsi la vue à quelques personnes. Une dame de Toronto a reçu son pancréas et un rein, alors qu’un homme d’Ottawa a reçu son foie. Comme son cœur était affaibli et ses poumons remplis d’eau, ceux-ci n’ont pas pu être prélevés.

Trillium a même organisé un événement au Centre national des Arts afin de remercier la famille de Louise-Hélène et les familles des autres donneurs de la région d’Ottawa. Lors de la cérémonie au CNA, Louise-Hélène a appris que la personne décédée peut devenir donneur dans seulement 2 % des cas.

Ça a complètement changé ma vision du don d’organe, j’ai immédiatement été remplir le formulaire de don d’organe en ligne, et je fais la promotion auprès de mon équipe.

Pour compléter le formulaire de consentement de don d’organes et de tissus, rendez-vous sur le site Soyez un donneur pour les résidents de l’Ontario et sur celui d’Héma-Québec pour les résidents du Québec.


Vous avez aimé cet article? Lisez l’article Don d’organes : signez don, paru en décembre 2017 dans le Journal Montfort.

Julie Marinier-Desjardins
Julie est conseillère pour l’équipe des communications à Montfort depuis juin 2019. Lorsqu’elle a du temps libre (ce qui est assez rare), elle aime parfaire ses compétences culinaires, courir (parfois pour rattraper le temps perdu) et voyager.