
Les équipes du Centre familial de naissance (CFN) et des thérapeutes respiratoires de Montfort ont réalisé pour la première fois une thérapie minimalement invasive de surfactant (MIST), une technique qui aide certains nouveau-nés prématurés à mieux respirer tout en limitant le recours à la ventilation mécanique.
« C’était la première fois que nous faisions cette procédure dans notre excellente petite unité », raconte le Dr Thierry Daboval, pédiatre-néonatologiste à Montfort depuis 2022.
Je n’aurais pas pu le faire sans l’expérience des infirmières et des thérapeutes respiratoires.
Une nouvelle approche pour aider les tout-petits
Chez certains bébés prématurés, les poumons ne produisent pas suffisamment de surfactant, une substance qui aide les alvéoles pulmonaires à rester ouvertes et facilite la respiration. La technique MIST permet d’administrer cette substance à l’aide d’un petit cathéter inséré dans la trachée, tout en laissant le bébé respirer par lui-même avec un soutien par masque nasal.
Cette approche permet de limiter le recours à la ventilation mécanique, qui peut entraîner des complications chez les nouveau-nés les plus fragiles, comme un pneumothorax (une fuite d’air autour des poumons) ou une dysplasie bronchopulmonaire (une maladie pulmonaire chronique qui peut toucher les bébés prématurés).
Un travail d’équipe aux résultats encourageants
L’adoption de cette technique à Montfort a nécessité une préparation rigoureuse. Depuis quelques années, des spécialistes de différents centres hospitaliers canadiens présentent cette approche lors de conférences professionnelles, et plusieurs études en démontrent les bienfaits. Avant l’intervention, l’équipe a revu les indications, les étapes de la procédure, les rôles de chacun et les mesures à prendre en cas de complication.
La vigilance de l’équipe a également joué un rôle essentiel. Les infirmières ont suivi de près l’évolution de l’état du bébé et alerté le Dr Daboval au moment opportun. Après avoir confirmé que la procédure était indiquée, le médecin a discuté avec les parents, obtenu leur consentement et inséré le cathéter. Les infirmières ont préparé les médicaments et surveillé attentivement la réaction du bébé, tandis que le thérapeute respiratoire Jerry Morneault a apporté son soutien tout au long de l’intervention.
La procédure s’est déroulée sans complication. Dès l’administration du surfactant, les besoins en oxygène du bébé ont diminué et sa respiration s’est améliorée. Cette évolution a permis d’éviter un transfert vers un autre centre, et la famille a pu rester réunie.
Sans ce travail d’équipe, nous n’aurions pas pu réaliser cette procédure
souligne le Dr Daboval.
Pour Dominic Séguin, thérapeute respiratoire responsable, cette réussite illustre l’importance de faire évoluer les pratiques et de soutenir le développement des compétences de l’équipe. Il veille notamment à ce que les thérapeutes respiratoires disposent de l’équipement et des connaissances nécessaires pour participer à de nouvelles interventions.
Je suis content que notre équipe puisse mettre son plein potentiel en valeur à Montfort pour améliorer les soins offerts à notre communauté
affirme Dominc Séguin.
La procédure fera maintenant l’objet d’un protocole interne afin d’encadrer sa pratique au sein de l’équipe.
Une étape vers les soins en néonatalogie à Montfort
Cette première réalisation s’inscrit dans la volonté de Montfort de renforcer son offre de soins en néonatalogie. Le développement de nouvelles compétences pourrait, à terme, permettre à l’équipe d’accueillir des bébés prématurés nés à 32 semaines de grossesse, voire à 30 semaines, selon les besoins et les capacités de prise en charge.
Pour les familles francophones de la région, cette évolution pourrait signifier un meilleur accès à des soins spécialisés en français, plus près de chez elles.
Nous espérons bâtir sur cette expérience pour le bénéfice de la région et de notre population francophone
conclut le Dr Daboval.
















