J’ai choisi de me faire vacciner

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Le 11 mars 2020, le monde a basculé, ma vie a changé!

La pandémie fut déclarée par l’Organisation mondiale de la santé et nous voilà un an plus tard en train de vivre dans l’incertitude. Nous tentons de nous adapter aux changements dans nos habitudes de vie. La vie au travail n’est plus la même, nos relations avec nos collègues ont changé. Nous avons appris à enseigner à nos enfants, à travailler à la maison avec la présence des autres membres de la famille.

Christine Nadia Compas, coordonnatrice de recherche clinique à l’Institut du Savoir Montfort et infirmière à l’Urgence

Nous voilà face à l’inconnu, à l’incertitude, aux urgences, au carnaval d’informations. Ces dernières nous viennent de partout et de tous. Nous sommes aux aguets ! La crainte, le doute, la peur, l’incertitude nous envahit. Comme tout le monde, je me suis posé de multiples questions : comment ? Jusqu’à quand ? Pourquoi ? D’où vient ce virus ? Retrouverons-nous notre « liberté », comment communiquer efficacement avec nos patients en portant l’équipement de protection ? Comment bien se protéger ? Et protéger nos familles ? Que faire pour aider ? … Et tant d’autres questions. Nos plans ont changé, des voyages annulés, les relations familiales à longue distance malgré qu’on habite dans la même ville.

D’un point de vue personnel, j’ai beaucoup appris au cours de la dernière année. J’ai appris à vivre pleinement ma passion pour la nature. J’en ai profité au maximum avec ma famille et les gens qui me sont chers; ma petite bulle comme je les appelle. On a fait du camping en famille – ok, du « glamping »! Hahaha! – après douze ans sans en faire et on y a repris goût.

Après 27 ans de vie à Ottawa, j’ai finalement appris à mieux apprécier l’hiver. Avant, on faisait de la luge, du ski de fond en famille et avec des amis, mais cette année, j’ai pu passer des heures et des heures à l’extérieur, sous des températures allant jusqu’à -20, à regarder mon fils de 10 ans patiner, faire de la luge ou du ski alpin avec ses amis. C’était la seule façon pour qu’il puisse profiter de leur présence, puisqu’ils ne sont pas dans notre petite bulle.

Entre-temps, je discutais avec les amis, ou je lisais un article intéressant sans même penser au froid. Quel bonheur !! Je me rappelle les années précédentes : les vacances d’hiver, nos billets d’avion étaient prêts et j’avais hâte de prendre deux semaines de « pause de l’hiver ». J’en avais marre rendu au mois de mars; cette année c’est différent. J’ai bien hâte à mes temps libres pour faire des activités à l’extérieur.

J’ai aussi appris quelque chose d’important et qui restera gravé dans ma mémoire à jamais. La résilience, le courage, l’entraide et l’esprit d’équipe qui règne à Montfort et à l’ISM. WOW !!!

J’ai eu la chance de participer activement au combat contre la COVID-19. J’ai eu l’opportunité de voir la grande famille de Montfort à l’œuvre. Je suis tellement fière d’en faire partie depuis bientôt 19 ans. 🙂

Petit à petit nous nous habituons à cette nouvelle réalité ou du moins c’est ce dont nous croyons. Qui n’a pas le désir de prendre part à un repas-partage avec ses collègues, de rire aux éclats sans séparateur de plexiglass, de ne pas avoir à s’inquiéter de la direction des flèches au sol, d’utiliser l’entrée des employés comme avant?

Petit à petit, nous nous habituons à cette nouvelle réalité, ou du moins c’est ce dont nous croyons. Qui n’a pas le désir de prendre part à un repas-partage avec ses collègues, de rire aux éclats sans séparateur de plexiglas, de ne pas avoir à s’inquiéter de la direction des flèches au sol, d’utiliser l’entrée des employés comme avant ?

Personnellement, je meurs d’envie de retourner à la normale – l’ancienne, ou celle à venir grâce aux vaccins – de revoir de vrais visages, de prendre part à des réunions en personne, de revoir mes collègues de l’ISM en chair et en os. J’ai hâte de passer du temps de qualité sans distanciation avec la famille éloignée et d’autres amis qui me sont chers.

Ce désir ardent d’avoir une vie sociale, professionnelle sans tant de restrictions et de barrières m’a amené, dans un premier temps, à me questionner sur le fait de me faire vacciner ou pas, et dans un second temps, à recevoir le vaccin après avoir pris connaissance des données probantes sur les différents types disponibles et à venir.

Ma décision de me faire inoculer n’a pas été prise à la légère : c’est une décision réfléchie et éduquée. J’ai lu presque toutes les publications sur la COVID-19, incluant sur les vaccins.

J’ai vu des gens mourir de la COVID-19.

J’ai vu des gens souffrir de la COVID-19.

Je connais des gens qui vivent avec des séquelles à long terme de la COVID-19.

Je connais personnellement une personne dans la quarantaine qui après un long combat aux soins intensifs s’est retrouvée du jour au lendemain incapable de prendre soin de sa famille. Elle a besoin d’oxygène à la maison.

J’ai suivi l’évolution des vaccins de très près, car je voulais prendre une décision éclairée. Étant à jour dans les informations et à la suite de discussions avec des collègues de confiance, je n’ai pas tardé à répondre au sondage reçu du centre de commande à la fin du mois de décembre. J’ai pris mon rendez-vous le soir du 31.

C’est ainsi que j’ai pu obtenir ma 1re dose du vaccin Pfizer le 1er janvier et la 2e dose le 22 janvier.

Chrétienne, avant de me faire vacciner, j’ai prié et ai remercié Dieu pour cette opportunité, cette grâce. Une fois de plus, les scientifiques nous ont épatés, et je me suis sentie tellement privilégiée, tellement bénie. Je faisais partie du environ 1 % de la population canadienne vaccinée. Quelle chance !!

Le plus grand sentiment qui m’a envahi ce matin-là était de savoir que je serais sous peu protégée, et qu’indirectement ma famille le sera aussi. Un fardeau est tombé de mes épaules, je me suis sentie si légère. Étant la seule professionnelle de la santé à la maison, j’ai dit à mon époux et à mon fils : je suis tellement heureuse de savoir que d’ici quelques semaines, j’ai beaucoup moins de risque de vous contaminer. En me faisant vacciner, je me suis protégée, mais ma plus grande joie est de savoir que je contribue à la fin de la pandémie.

Je protège mes amis et ma famille, je protège mes collègues et mes patients.

Je n’ai pas cessé de lire sur les vaccins, car je crois en la science ! Et je suis curieuse des nouvelles découvertes qui nourrissent mes décisions.

Certaines personnes m’ont demandé si je n’ai pas peur des effets secondaires du vaccin. Ma réponse est la suivante : selon les données de recherche clinique – mon expertise – les effets secondaires du vaccin sont loin d’être comparables à ceux de la maladie. Que ce soit dans l’intensité que dans la durée des symptômes. À cette réponse vient la question suivante : qu’en est-il des effets à long terme ? Ma réponse est : je ne connais certainement pas les effets à long terme du vaccin, en ce moment personne ne les connait. Par contre, je sais qu’en me faisant vacciner je cours moins de risque de mourir de la COVID-19 et j’ai plus de chance de voir mon fils grandir.

Donc, j’ai choisi de me faire vacciner et de faire une différence dans ma vie, dans celle de ma famille, dans ma vie professionnelle et dans le monde.

En passant, à part un inconfort au site d’injection et une sensation de fatigue pendant une heure ou deux,, je n’ai eu aucun effet secondaire du vaccin. Ma vie a continué comme si de rien n’était, malgré le changement énorme : je suis protégée!

 Ensemble, combattons la pandémie ! Faisons-nous vacciner !

Christine Nadia Compas
Christine-Nadia travaille à Montfort depuis 2002. Elle est coordonnatrice de recherche clinique à l'Institut du Savoir Montfort (ISM) à temps plein depuis 2016, et occasionnellement infirmière à l'Urgence . Lorsqu'elle n'est pas au travail, elle passe du temps en famille ou entre amis, et elle adore voyager! La bonne humeur anime son quotidien. Son mantra : « Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. » – Gandhi