Pleins feux sur… Carl Nappert

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Comment est-ce que le fils d’un producteur de sirop d’érable de Québec devient président du Conseil d’administration de l’Hôpital Montfort? Carl Nappert nous raconte son parcours dans ses mots.

La famille Nappert a immigré de l’Allemagne à St-Sylvestre de Lotbinière vers les années 1776 et sont devenus des agriculteurs et acériculteurs.

Mes parents habitaient en campagne, on avait la rivière devant, le chemin de fer derrière, les bois et les champs… D’ailleurs, c’est là que j’ai développé une passion pour la chasse et la pêche.

Mon père a hérité de la cabane à sucre familiale; et chaque printemps, j’aidais mes parents. J’ai toujours été très débrouillard.

Au début du temps des sucres, il y a toujours un « coup d’eau » pendant lequel les érables coulent sans arrêt. Il faut faire bouillir l’eau au fur et à mesure car plus l’eau vieillit, moins le sirop est de qualité. L’année de mes 11 ans, j’ai fait ma première nuit blanche à bouillir l’eau d’érable pendant que mes parents prenaient quelques heures pour dormir. Mon grand-père est arrivé vers 4 h, mes parents vers 6 h, j’étais tellement sur l’adrénaline que je ne voulais pas arrêter!

Au moment de commencer mon secondaire, ma mère a choisi de m’envoyer au Séminaire St-François, à Cap-Rouge, chez les pères capucins. C’était un gros détour pour y aller, donc j’étais pensionnaire du lundi au vendredi et je revenais à la maison pour la fin de semaine. Ça a été une belle école de vie, un bel apprentissage. Je m’y suis fait de bons amis avec lesquels je garde toujours contact aujourd’hui.

Sur la glace avec les Gee-Gees

Jeune homme tenant un bâton de hockey sur une patinoire
Carl sur la glace

J’ai joué au baseball et au hockey, j’ai toujours été très compétitif. Au cégep de Lévis-Lauzon, j’ai eu la chance de jouer pour l’équipe de niveau collégial AA, le tremplin qui m’a permis d’être recruté pour l’équipe de hockey des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa.

J’ai d’ailleurs rencontré mon épouse, Bernadette, dans un cours de marketing à l’Université d’Ottawa. C’est non seulement ma conjointe mais aussi une de mes meilleures amies. Bernadette est une femme super intelligente, très impliquée, qui a le sens des affaires…

J’ai adoré mes études en administration. Je prenais mes cours dans les deux langues et je connaissais les « deux côtés » de la faculté.

J’ai participé aux Jeux du commerce pendant trois ans, j’ai été président de l’association étudiante où je représentais les 3 000 étudiants de la faculté. Pendant mon mandat, j’ai travaillé très fort pour rapprocher les étudiants anglophones et francophones, car à mon arrivée, il existait un écart important entre les deux « clans ».

Une escapade au Mexique

Carl durant son stage à Monterey (Mexique), en septembre 1997.

Lors de mon dernier semestre, j’ai fait un échange international à l’École technologique de Monterrey, au nord du Mexique.

J’ai ensuite prolongé mon séjour en faisant un stage pour une agence de publicité dans la capitale de Mexico City.

J’ai appris mon espagnol à l’école, mais surtout en parlant aux nombreux chauffeurs de taxi lors des longues heures pris dans le trafic de cette grande métropole!

Une belle carrière dans la consultation en informatique

Je suis revenu au Canada en mars 1998 et j’ai tout de suite été embauché pour mon premier emploi à temps plein comme gestionnaire de comptes pour une entreprise de consultation en informatique à Ottawa. J’ai été très chanceux de me joindre à un domaine en pleine expansion, surtout dans le contexte du Y2K. 

Après quelques années d’expérience avec cette firme, je me suis joint comme partenaire chez Maplesoft, une jeune micro-entreprise d’experts-conseils en informatique. Ensemble, mes deux partenaires et moi avons bâti une entreprise nationale, avec des bureaux à Calgary, Ottawa et Montréal.

Ma force a toujours été dans le développement des affaires, j’ai une vision stratégique et ce qui me passionne c’est l’interaction avec les gens.

Montfort : à deux pieds dans l’inconnu

En 2009, j’ai joint le CA du Festival Franco. J’étais loin d’être un artiste, mais j’avais la francophonie d’Ottawa à cœur et je voulais m’impliquer davantage dans ma communauté.

Je suis franco-ontarien d’adoption, j’ai maintenant passé plus de temps en Ontario qu’au Québec.

Je me suis aussi impliqué avec la Fondation du cancer de la région d’Ottawa, notamment en faisant un don majeur à la construction du Centre Maplesoft, un endroit unique qui appuie les personnes atteintes du cancer et leurs familles, et en donnant de mon temps avec la course « Faites-le pour Papa ».

Carl en compagnie de membres de la direction, en train de servir des crêpes au VRAI sirop d’érable pour souligner le 22e anniversaire de SOS Montfort, le 22 mars 2019.

Un jour, Normand Fortier, membre de l’Association de l’Hôpital Montfort, m’a encouragé à me joindre à l’Association comme membre. Normand est un de mes mentors depuis mon séjour l’université, c’est lui qui m’avait poussé à me présenter pour la présidence de l’association étudiante. J’ai accepté sans hésitation.

Lors de ma première année, j’ai siégé au comité de gestion. Je ne connaissais rien du système de santé et j’ai sauté à deux pieds dans l’inconnu.

J’ai investi beaucoup de temps à maîtriser les principaux enjeux du système, les opportunités et défis qui sont présents. J’ai été interpellé par la mission de Montfort et sa place importante dans la communauté franco-ontarienne.

Après deux années comme membre du CA, j’ai accepté la présidence en juin 2018.

Bernadette, Carl et les enfants au Festival des tulipes

Une famille vite sur ses skis!

Mon épouse et mes enfants sont Franco-ontariens. Nous en sommes très fiers.

Ma plus vieille, Théa, a 15 ans. Elle arrive d’Italie où elle a été en tournée pendant deux semaines avec la chorale de l’École De la Salle; elle a chanté au Vatican et à la Basilique San Marco à Venise!  

Trois enfants souriants devant des montagnes
Ana, Théa et Cam

Ana, 13 ans, étudie en littérature et écriture, à De la Salle. Elle est née à Montfort, d’urgence, à 31 semaine! Le personnel a fait un travail incroyable.

Mon troisième, Cam, est âgé de huit ans, il est en 3e année à l’école élémentaire La Vérendrye. Il est un grand jardinier et se concentre sur les arts martiaux.

Les trois sont dans l’équipe de ski de compétition Morin Heights, dans les Laurentides. En hiver, ils participent à des compétitions de ski alpin chaque fin de semaine, on est dans le ski par-dessus la tête!

Heureusement, on est toujours dehors, on prend de l’oxygène, nos hivers, on les passe en famille.

Carl Nappert, tel que décrit par sa fille Ana
La chanson préférée de mon père? Free falling de Tom Petty
Comment j’explique le métier de mon père? C’est un chasseur de tête pour des personnes qui travaillent en IT.
Que fait mon père quand il va à Montfort? Il travaille et discute au sujet des enjeux pour le futur de l’hôpital avec ses pairs.
Carl a la dent sucrée ou salée? Il a la dent salée car quand il mange du sucre, il ne peut pas dormir!
Qu’est-ce qui fait rire Carl? Le sarcasme de Théa, les imitations de Ana, et quand Cam est cute.
Le « superpouvoir » de mon père? Il est capable de lire les gens.

Mes objectifs pour Montfort

Pour la suite de mon mandat comme président du CA, je vais continuer à exercer un leadership influent lors de la réforme importante qui mobilise le système de santé ontarien. Pour réussir, nous devons nous assurer que la francophonie ait une voix forte autour de la table décisionnelle pour la nouvelle « super agence » Santé Ontario.

Montfort continue de jouer un rôle pivot dans notre communauté et je suis fier de contribuer à la réussite de dossiers clés tels que le Carrefour santé d’Orléans et possiblement une Équipe Santé Ontario. 

La force de Montfort passe par les gens qui y travaillent! Que dire du personnel exceptionnel à tous les niveaux…

De plus, je suis choyé d’être entouré de personnes très qualifiées et engagées au conseil d’administration, dans les différents comités et à l’Association.


Carl Nappert présidera la prochaine Assemblée générale annuelle de l’Association de l’Hôpital Montfort, le mercredi 12 juin à 18 h, à l’Auditorium. Cet événement est ouvert au public et tous et toutes y sont invités. Il suffit de confirmer votre présence au moins 48 heures à l’avance, soit par courrier électronique, soit par téléphone au 613-746 4621, poste 2020.

Geneviève Picard
Geneviève est directrice de l'équipe des communications à Montfort depuis 2014. Quand elle n'est pas en train d'écrire pour le Journal Montfort, elle est maniaque de lecture, adore le yoga, vient travailler en vélo mais seulement quand il fait beau, et ne fait jamais, jamais la cuisine.