L’énergie de Ron

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Ron Drummond, le nouveau directeur de la gestion des installations, a littéralement grandi dans l’ombre de Montfort : jusqu’à l’âge de six ans, sa famille habitait sur la base militaire de Rockcliffe, à quelques pas de l’hôpital. 

Le jeune Ron en train de jouer dans le quartier de son enfance, à la base militaire de Rockcliffe.

« Ronald, c’est mon père! Moi c’est Ron…»

L’hiver, Ron et ses deux frères glissaient sur une immense côte, vers l’aéroport de Rockcliffe. « Quand j’ai emmené ma femme voir le coin où j’ai grandi, il y a quelques années, la grande côte était devenue une toute petite pente… » se rappelle Ron.

Durant son secondaire, Ron, qui rêve de devenir ingénieur spatial, fait un stage coop au département aérospatial de l’université Carleton. «J’ai vite vu que c’était surtout du travail d’ordinateur. J’aimais beaucoup les maths et les sciences mais je voulais des choses qui bougent, faire un travail plus pratique. »

Il s’inscrit donc à l’Université d’Ottawa en génie mécanique.  Après des stages dans la ventilation et le transport de matière dangereuses, il découvre la gestion des édifices et sa carrière prend son envol, avec une compagnie locale d’entrepreneur mécanique. Il travaille sur quelques édifices de compagnies de haute-technologie, telles que MITEL et Nortel.

Après quelques années, Ron décide d’obtenir son statut d’ingénieur professionnel. C’est en allant chercher l’expertise qui lui manque qu’il découvre sa passion : la conservation d’énergie.

Il travaille ensuite chez Thermal Energy où il gère des projets dans des hôpitaux (tels que le campus Civic de L’Hôpital d’Ottawa), des usines et des entreprises industrielles, pour capturer et réutiliser l’énergie gaspillée. Son travail l’amène à passer beaucoup de temps entre Ottawa, le Kansas et Memphis, où il travaille dans une usine de la compagnie Kellogg’s.

« Tu voyais des Froot Loops et des Rice Krispies passer à toute allure dans des tuyaux! » se rappelle-t-il en riant.

Lorsque sa femme et lui décident de fonder une famille, Ron se trouve un emploi plus proche de la maison, pour la Commission de la capitale nationale (CCN). Rapidement, il se trouve à gérer des projets pour les résidences officielles. En effet, la CCN est responsable des résidences du premier ministre, du gouverneur général, du chef de l’opposition, etc.

« Le plus grand édifice était Rideau Hall et on y a fait des travaux majeurs, la chaufferie, des refroidisseurs… Il y avait 70 vieux climatiseurs, des « windows shakers » dans les fenêtres, et on a installé la climatisation centrale. J’ai travaillé sous Mikaëlle Jean, David Johnston et Julie Payette. » Ron a aussi installé le premier ministre Justin Trudeau et sa famille dans une résidence à Rideau Hall, supervisant l’installation de toutes les mesures de sécurité.   

En 2018, il a eu une opportunité de venir travailler pour Montfort.

La mission de Ron

« J’ai toujours dit à ma femme que si je quittais la CCN, c’était aller dans le milieu hospitalier ou éducation. Je voulais travailler dans une organisation qui avait une grande demande d’énergie.

« Nous vivons une crise au niveau des infrastructures, et l’énergie est un endroit où on peut avoir un grand impact économique et environnemental.»

« J’ai une passion pour ça. Le renouvellement des équipements majeurs, c’est la raison pour laquelle je suis venu à Montfort. »

Ron est arrivé à Montfort en juillet 2018, et a été promu directeur de la gestion des installations en mars.  « La première année, ça a été l’occasion d’en apprendre beaucoup sur l’hôpital, la sécurité, les particularités par exemple à l’urgence et en santé mentale, comprendre les enjeux dont les employés font face côté santé et sécurité. »

Un tableau de bord au bureau des installations permet à Ron de voir en un coup d’oeil la situation des différents systèmes à travers l’hôpital: chauffage et climatisation, pression de l’eau, génératrices, etc.

Ron se lance maintenant dans le renouvellement des équipements majeurs. Avec un budget de plus de 14 millions de dollars sur 3 ans, cette initiative regroupe une cinquantaine de projets et va toucher à tous les secteurs de l’hôpital.

Certains de ces changements seront très évidents. Par exemple, toutes les lumières dans l’hôpital seront converties à des ampoules LED, ce qui va réduire les coût en électricité et en entretien puisque ces ampoules sont bonnes pour trois à dix fois plus longtemps.

« Nos électriciens vont pouvoir se consacrer à des tâches plus importantes et plus intéressantes que de changer des ampoules, et ça va nous permettre de reprendre des travaux qui sont présentement confiés à des compagnies externes », affirme Ron.

Et en mai, on commence à installer des systèmes pour les lumières du stationnement étagé. Quand il n’y a pas de mouvement, les lumières vont baisser jusqu’à ce qu’il y ait du mouvement à nouveau; et elles n’éclaireront que ce qui est nécessaire.

Ron dans la salle des machines, devant l’une des bouilloires installées durant les années 1990 et qui seront changées sous peu.

Il y aura aussi des changements que l’on ne verra pas nécessairement mais qui représentent des travaux majeurs.

Ainsi, cet été, l’hôpital fait remplacer deux des bouilloires qui remontent à la construction de 1992. (Les trois autres bouilloires remontent au Nouveau Montfort et ont environ 10 ans).

L’hiver prochain, on remplace les refroidisseurs pour la climatisation; on enlève les moins efficaces, ceux qui sont difficiles à entretenir. On va changer la ventilation au bloc, urgence, aile C, etc.

« C’est comme un jeu de domino, il faut s’assurer que chaque élément est fonctionnel avant de pouvoir enlever l’élément suivant.  Par exemple, les travaux au bloc seront faits durant la réduction du bloc, durant les étés 2020 et 2021. »

Une famille francophile

Bien qu’il soit né dans une famille anglophone, Ron a étudié en immersion française enrichie, faisant son secondaire à Hillcrest High School.

« Ma mère a toujours dit que c’était important de parler français. » 

Ron et sa famille durant les vacances de mars, plus tôt cette année.

Même si l’épouse de Ron est anglophone elle-aussi, « quand mes filles ont été en âge de commencer l’école, j’ai insisté pour qu’elles aillent étudier en français. On parle les deux langues à la maison. »

Maggie et Norah ont 10 et 8 ans maintenant et la petite famille habite dans Old Ottawa South. L’été, Ron vient souvent travailler à Montfort en bicyclette.

« J’ai joué au rugby jusqu’à l’âge de 28 ans, jusqu’à ce que je ne puisse plus jouer à cause des blessures à répétition. Depuis ce temps-là, je joue au hockey avec les autres gars de rugby qui ne peuvent plus jouer eux non plus! » Il entraine aussi l’équipe compétitive de soccer dans laquelle joue sa fille Maggie. 

Visiblement, Ron est bien occupé, mais heureusement il a de l’énergie à revendre!

Geneviève Picard
Geneviève est directrice de l'équipe des communications à Montfort depuis 2014. Quand elle n'est pas en train d'écrire pour le Journal Montfort, elle est maniaque de lecture, adore le yoga, vient travailler en vélo mais seulement quand il fait beau, et ne fait jamais, jamais la cuisine.