Des mains qui soignent, des microbes qui peuvent tuer

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Pour Josée Shymanski, gestionnaire en prévention des infections, l’hygiène des mains n’est pas un concept théorique; avec le décès de son beau-père, elle a vécu de près l’impact d’une infection sur quelqu’un qui nous est proche.

« Le 6 mai est la journée nationale Arrêt! Nettoyez-vous les mains. Cette journée est très importante pour moi parce que parler de prévention des infections et de l’hygiène des mains, c’est la base », dit Josée.

« D’ailleurs, c’est d’autant plus important pour moi parce que j’ai vécu un impact que les infections peuvent avoir sur les patients, la famille et aussi pour les travailleurs de la santé. »

En 2003, le beau-père de Josée est décédé à l’âge de 69 ans.

« Il était actif et relativement en santé. C’était un bel homme, il avait un beau teint, des yeux qui brillaient. Il était très souriant, il adorait mes enfants et était très présent dans leur vie. Il a été admis à l’hôpital parce qu’il avait beaucoup de douleur au ventre et il a été diagnostiqué avec la maladie de Crohn. Six mois plus tard, il est décédé. Tout au long de son hospitalisation, il n’est sorti que quatre jours. C’est d’ailleurs pendant son séjour dans un hôpital qu’il a contracté le Clostridium difficile et, par la suite, des champignons aux poumons. Il était définitivement plus à risque à cause de la médication qu’il prenait pour la maladie de Crohn, mais il a développé ces conditions-là au cours de son hospitalisation », ajoute Josée.

Il a dû subir plusieurs procédures médicales et suite à l’une d’entre elles, il a fait un choc septique. Il est allé aux soins intensifs et il y est décédé.

« Ça a été vraiment très difficile de vivre ça, parce que non seulement j’essayais de supporter mon mari, ma belle-mère… Mais aussi, je travaillais en prévention des infections, alors comment on s’en est rendu là? C’était comme irréel », affirme-t-elle.

« C’est dur à mettre en mots l’impact que ça a eu sur la vie de ma famille et mon environnement de travail. »

« Lorsqu’on parle d’hygiène des mains, ce n’est pas excitant. C’est un geste que l’on doit faire constamment et c’est tellement important. Ça fait partie d’un ensemble de choses qu’il faut faire pour prévenir les infections.

On ne le fait pas juste pour dire qu’on le fait bien. On le fait pour la sécurité des patients.

J’ai vécu ce que ça peut faire et je ne voudrais pas que personne d’autre n’ait à vivre ça » mentionne Josée. « Vivre cette histoire me motive à continuer de faire mon travail. Ce n’est pas toujours un travail facile dans le sens que tu ne te fais pas dire « merci » souvent. On se fait appeler « Monsieur ou Madame Bébitte », la « police », etc. Notre travail a un impact, mais malheureusement, on ne le voit pas parce que c’est de la prévention. Il n’y a rien de concret lorsque les choses vont bien. Reste qu’il y a probablement des choses qui auraient pu être mieux faites. »


Une nouvelle approche plus vigilante

Selon Josée, il est primordial que chaque personne soit formée et comprenne pourquoi laver ses mains est si important.

Il y a des moments critiques où nous nous devons de le faire. Avant une procédure aseptique, par exemple. Il serait si facile d’introduire directement des microbes dans le corps du patient. Ne pas se laver les mains à ce moment-là n’est pas excusable. On prend le risque de propager des microbes dans l’environnement à d’autres patients, aux visiteurs, mais aussi à ses collègues.

« Dans notre nouvelle approche, on veut être plus vigilant face à ça. Ça va entraîner des mesures disciplinaires. On ne peut pas faire autrement.  S’il y a un manquement lors d’un moment critique, ça doit être rapporté au supérieur de la personne. Le processus disciplinaire sera alors enclenché. Si des employés ne respectent pas la politique d’hygiène des mains de façon répétitive, le gestionnaire sera mis au courant et sévira en conséquence », ajoute Josée.

Laver ses mains est quelque chose qui ne prend que quelques instants. Encouragez vos collègues, vos amis et votre famille à le faire plus souvent.

Méganne Leblond
Méganne est stagiaire avec l’équipe des communications à Montfort depuis 2019. Quand elle n’est pas en train d’écrire pour le Journal Montfort, elle est surement en train de s’informer sur les nouvelles du sport, de se cacher les yeux devant un film d’horreur, ou d’écouter en boucle les chansons de Fred Pellerin.