Soins intensifs : expliquer le code bleu aux proches

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C’est une scène classique dans les mélodrames et les téléséries : une équipe médicale fait tout en son possible pour sauver un patient. Plus loin, dans une salle d’attente ou dans un corridor, les membres de la famille font les cent pas, ne sachant pas ce qui se passe, terriblement inquiets pour leur proche.

Mais les temps changent. Renée Gagnée, éducatrice clinique aux soins intensifs (SI), se souvient très bien d’une femme qui a revendiqué d’assister aux procédures de réanimation de son père. « J’ai le droit d’être ici! C’est mon père! », avait-elle insisté.

Dorénavant, si des proches sont présents lorsqu’un patient fait un arrêt cardiaque (code bleu), l’équipe des SI les laisse observer et un membre des SI vient leur expliquer ce qui est en train de se passer.

Au début, l’équipe de soins des SI avait des préoccupations : ils craignaient que les proches soient traumatisés en voyant un massage cardiaque ou une intubation, ce qui pourrait même empêcher l’équipe de faire son travail correctement.

Renée Gagné, éducatrice clinique aux Soins intensifs

Dans les faits, des recherches ont démontré que les proches ne ressentent pas de difficultés émotionnelles en assistant à une réanimation. Au contraire, le risque de syndrome de stress post-traumatique est augmenté de 60 % chez les individus qui ne sont pas témoins de la réanimation de leur parent.

Annie Lecompte, facilitatrice aux SI, a assisté à quelques codes bleus où la famille était présente.

« L’important c’est d’avoir une personne qui veille à ces familles : pour assurer leur bien-être émotionnel, s’assurer qu’ils ont des explications sur les interventions en cours et également leur trouver la meilleure position possible dans la chambre afin de ne pas interférer avec le travail de l’équipe intervenants », explique Annie.

Selon Annie, assister au déroulement du code bleu aide aussi les familles à se faire à l’idée de la mort pour leur proche. « Souvent, ce sont eux qui nous demandent d’arrêter les compressions, car ils voient le traumatisme d’une réanimation cardio respiratoire. »

« Il y a quelques jours, un jeune homme était là pour la réanimation de son grand-père », se souvient Renée. « Il n’y a rien que les médecins n’ont pas fait et je lui ai tout expliqué. Quand sa mère est arrivée, la première chose qu’il a dit, c’est :

« Renée m’a tout expliqué, ils ont tout fait pour le sauver. »

 

Geneviève Picard
Geneviève est directrice de l'équipe des communications à Montfort depuis 2014. Quand elle n'est pas en train d'écrire pour le Journal Montfort, elle est maniaque de lecture, adore le yoga, vient travailler en vélo mais seulement quand il fait beau, et ne fait jamais, jamais la cuisine.