Ta crème à mains me rend malade

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Déborah, une patiente de Montfort, est allergique aux parfums. Pour elle, sentir l’odeur d’une crème à mains, d’un shampoing, d’un assouplisseur à vêtements amène des démangeaisons et des maux de tête, ses yeux gonflent, elle peut avoir de la difficulté à respirer, et même être confuse. L’intensité de sa réaction dépend de l’odeur, du produit chimique.

Après avoir vécu des symptômes de plus en plus graves et avoir attendu pendant deux ans pour une référence à la clinique environnementale du Women’s College de Toronto, Déborah a finalement eu une confirmation de ses doutes.

« Ils ont découvert que je suis allergique aux parfums et à certains additifs, comme le zinc et le titane dans les crèmes solaires. Je suis allergique aux composés chimiques dans la lavande et dans le thym, même en huile essentielle. »

Après avoir reçu son diagnostic, Déborah a compris pourquoi elle était toujours malade quand elle allait voir sa grand-mère, à cause du pot-pourri à la lavande qui parfumait ses tiroirs!

« Je suis aussi allergique aux lys, à l’encens… pas question d’aller à l’église, surtout à Pâques! Je ne suis pas sensible aux odeurs: je suis vraiment allergique, ça me rend malade. »

Chaque fois que Déborah quitte les murs de sa maison, elle doit subir l’attaque des parfums autour d’elle. Son système, qui est affecté par l’agression continuelle, relâche des anticorps pour contre-attaquer.

Voilà pourquoi Déborah trouve si important la politique anti-parfum en vigueur à Montfort, et qu’elle ne se gêne pas pour s’exprimer quand la politique n’est pas respectée.

« J’ai été référée à Montfort pour un test avec un respirologue. J’arrive pour m’inscrire… et ça sent le parfum. Je le mentionne à une employée et elle me répond « Ah non madame, on a une politique contre le parfum ici. » Je lui pointe le tube de crème à main sur son bureau… et elle me dit « oui, elle sent bon, hein? »»

« Elle connaissait la politique… mais n’avait pas fait le lien avec sa crème à main. »

Marie-France Cuerrier, agente à la Direction du développement organisationnel, n’est pas aussi sensible que Déborah, mais elle réagit dès que quelqu’un a mis du parfum. « Des fois je réagis avant même d’avoir senti le parfum. Quand je vais au cinéma, je dois changer de place si une personne près de moi s’est parfumée. Sinon les yeux me coulent durant tout le film, et je vais me racler la gorge aux cinq minutes…. Même ma mère a appris à ne plus se parfumer quand elle vient chez moi! »

C’est aussi le cas de Keslie Barthelemy, conseillère en santé et sécurité. « J’aime beaucoup le parfum mais malheureusement il m’est difficile de tolérer les effets. Lorsque j’ai débuté à travailler à Montfort, je n’accordais pas beaucoup d’importance à cette politique jusqu’à ce que je découvre les différents symptômes que les produits parfumés font ressortir en moi. Le parfum n’est pas le seul problème: la peinture, la fumée de cigarette, les animaux et les moisissures s’ajoutent à ma liste. Travailler dans un milieu sans parfum aide à apaiser mes symptômes. »

La prochaine fois que vous pensez mettre un petit « psshitt » de parfum dans votre cou avant de venir travailler, ou appliquer la crème hydratante au coco qui vous rappelle vos vacances dans le Sud au retour de votre pause… Ayez une pensée pour Déborah, Marie-France, Keslie, et le nombre croissant de gens qui sont affectés par les fragrances.

Geneviève Picard
Geneviève est directrice de l'équipe des communications à Montfort depuis 2014. Quand elle n'est pas en train d'écrire pour le Journal Montfort, elle est maniaque de lecture, adore le yoga, vient travailler en vélo mais seulement quand il fait beau, et ne fait jamais, jamais la cuisine.